Nolus ne quitte pas Cosmos : il va chercher la liquidité sur Solana

Depuis plusieurs semaines, la gouvernance de Nolus enchaîne les propositions : fermeture de marchés sur Osmosis, autorisation de relayers Solana, déploiement de contrats, enregistrement d’oracles et ajout de nouveaux actifs.

Derrière cette succession de votes se dessine un changement stratégique majeur.

Nolus ne transfère pas simplement sa blockchain vers Solana. Le protocole conserve sa blockchain Pirin, ses validateurs, sa gouvernance et le staking du NLS. Ce qui change, c’est l’endroit où ses opérations financières sont exécutées.

Les positions restent administrées par Nolus, mais les swaps, remboursements, liquidations et clôtures peuvent désormais être réalisés à distance sur Solana, là où se trouvent davantage de liquidité et d’utilisateurs.

Pourquoi Solana ?

Pour un protocole de margin trading, la technologie ne suffit pas. Il faut également des marchés profonds, des prêteurs et des volumes suffisants.

Or, la différence d’échelle est aujourd’hui considérable. Au moment de la rédaction, DefiLlama affiche environ :

  • 2,78 milliards de dollars de volume DEX quotidien sur Solana, contre 2,95 millions sur Osmosis ;
  • 5,78 milliards de dollars de TVL sur Solana, contre environ 11,5 millions sur Osmosis ;
  • plus de 16 milliards de dollars de stablecoins présents sur Solana.

Ces chiffres évoluent quotidiennement, mais le rapport reste très parlant : Solana génère actuellement plus de 900 fois le volume DEX d’Osmosis. Sources : données Solana et données Osmosis.

Nolus peut également accéder à la liquidité de Raydium, Orca, Meteora, Lifinity et de nombreux autres marchés. Le protocole ne doit donc plus attendre qu’une liquidité suffisante se forme autour de chacune de ses intégrations.

Il va directement là où elle existe déjà.

Solray relie Nolus à Solana

Cette nouvelle architecture repose sur Solray, une implémentation d’IBC permettant à Solana de communiquer avec les chaînes Cosmos.

Selon Nolus, la connexion fonctionne déjà de bout en bout : création du canal IBC, transferts dans les deux directions et exécution complète d’une position distante, de son ouverture jusqu’à sa fermeture. Source : changelog Nolus 2026.8.

La blockchain Nolus conserve la coordination du protocole, tandis que l’exécution des opérations est déportée vers les marchés Solana.

Ce n’est donc pas un abandon de Cosmos, mais une architecture plus modulaire :

  • Nolus conserve la gouvernance et la gestion des positions ;
  • Solray assure la communication ;
  • Solana fournit l’accès à la liquidité ;
  • les agrégateurs recherchent les meilleures routes d’exécution.

La fermeture progressive des anciens marchés

Ce virage s’accompagne du retrait de marchés devenus trop peu actifs.

La gouvernance a progressivement fermé les marchés Osmosis associés à ATOM, OSMO, allBTC et Noble USDC. Pour ce dernier, la proposition 353 prévoyait le remboursement automatique des dépôts restants avant sa fermeture complète. Source : proposition 353.

Cette décision intervient également dans le contexte de la migration de l’USDC natif de Noble vers Injective. L’ancien protocole de Nolus dépendait fortement de cette dénomination sur Osmosis.

ATOM et OSMO ont parallèlement été retirés des actifs utilisables pour payer les frais du réseau, la proposition évoquant directement la diminution de leur liquidité.

Nolus préfère donc fermer les marchés devenus secondaires et concentrer ses ressources sur ceux qui offrent davantage de perspectives.

Pourquoi autant de votes ?

Entre la proposition 340, ouverte le 17 août, et la proposition 363, ouverte le 10 septembre, 24 propositions ont été soumises en moins d’un mois.

Il ne s’agit toutefois pas de 24 orientations différentes. La majorité correspond aux étapes techniques du même déploiement :

  • autoriser les relayers capables de communiquer avec Solana ;
  • ajouter les contrôleurs chargés des positions distantes ;
  • installer et activer les nouveaux contrats ;
  • enregistrer les price feeders des oracles ;
  • accepter USDC, SOL, cbBTC, WETH et HYPE pour payer les frais ;
  • ouvrir les marchés alimentés en USDC et en SOL ;
  • ajouter JLP, PUMP et ZEC parmi les actifs disponibles ;
  • retirer les anciennes versions de contrats de la mémoire des nodes.

La gouvernance de Nolus doit approuver séparément une grande partie de ces opérations. Cela explique l’accumulation des propositions, même si les périodes de vote limitées à 24 heures rendent parfois leur suivi difficile.

Les quatre derniers votes de nettoyage illustrent bien cette contrainte. Ils servent à retirer de la mémoire des validateurs 328 anciennes versions de contrats. L’opération a dû être divisée, car une seule proposition aurait dépassé la limite de gas d’un bloc.

La liquidité ne garantit pas le succès

Solana offre à Nolus un terrain beaucoup plus vaste, mais également beaucoup plus concurrentiel.

Le protocole devra encore attirer des prêteurs, convaincre de nouveaux utilisateurs et générer suffisamment de positions pour transformer cette liquidité disponible en revenus réels.

La question centrale reste celle du NLS. Une partie des revenus du protocole est destinée à racheter des tokens et à réalimenter les incitations versées aux prêteurs. Si l’intégration Solana augmente réellement l’activité, elle pourrait donc renforcer l’économie du NLS.

Cela devra néanmoins être confirmé par les chiffres : dépôts, positions actives, volumes, revenus et rachats effectifs.

Conclusion

Nolus aurait pu continuer à maintenir des marchés devenus trop petits en attendant un éventuel retour de la liquidité. Le protocole a choisi de conserver sa souveraineté tout en déplaçant l’exécution vers un environnement plus actif.

Les nombreux votes récents prennent alors tout leur sens. Ils organisent les différentes étapes d’un même mouvement : fermer les anciens marchés, connecter Solana, installer les nouveaux contrats et préparer l’arrivée de nouveaux actifs.

Nolus ne quitte pas Cosmos.

Il reconnaît simplement qu’un protocole financier ne peut pas vivre uniquement de sa technologie. Il lui faut aussi de la liquidité, des utilisateurs et du volume.

Solana peut lui offrir ce terrain. Il reste désormais à voir si Nolus saura le transformer en activité durable — et en valeur pour le NLS.

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